Il y a des films qu’on ne choisit pas vraiment. On entre dans une salle, on s’assoit, et quelque chose se passe qu’on n’attendait pas. Silent Friend d’Ildiko Enyedi est de ceux-là.
Au centre du film, un ginkgo biloba planté en 1832 dans le parc botanique de l’université de Marbourg. Presque deux siècles d’existence. Trois époques, trois personnages qui gravitent autour de lui, tentent de percer son mystère : a‑t-il une forme d’intelligence ? Un rapport au monde extérieur et à ses soubresauts ?
La cinéaste hongroise — trop méconnue malgré un Ours d’Or à Berlin en 2017 pour Corps et âme — construit un film « envoûtant, apaisant, philosophique »1. Une « réflexion sur notre relation négligée au végétal, sur notre finitude »1, sur ce qui durera après nous. Car l’humanité, comme le dit le film sans le dire vraiment, « passera inévitablement le relais du vivant à d’autres espèces après son bref passage dans l’univers »1.
Le paradoxe d’écrire cet article
C’est là que les choses se compliquent. Ou plutôt, c’est là qu’elles deviennent intéressantes.
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